Entretien avec Jean-Marie Warnier, auteur de Quatre ans, dix jours et des poussières

Quelle est la part réelle de votre roman et quelle en est la part fictive  ?

Cela fait partie de ce qui m’amuse le plus : que les gens se demandent « Qu’est-ce qui est vrai ? » et « Qu’est-ce qui est imaginé ? ». Pour la plupart des personnages, je me suis inspiré de personnes que je connais ; pour les lieux, ce sont des endroits où je suis passé mais pas nécessairement pendant le même voyage. L’histoire est une fiction totale mais je voulais que ce soit aussi réaliste que possible donc tout ce que je décris, je l’ai vu.

Pourquoi écrire sur le Népal ?

J’ai beaucoup voyagé, mais le coup de poing, le coup de cœur, c’est au Népal que je l’ai eu. En quelques heures on passe d’un monde à l’autre, ce qui est très déstabilisant. Je suis tombé sous le charme à la fois des paysages, de l’ambiance et des personnes que j’ai rencontrées, leur manière de penser et de vivre,… En tant qu’Européen je n’en retiens que les côtés positifs mais leur philosophie m’a vraiment séduit. Les trekkeurs disent qu’on vient au Népal pour les montagnes et qu’on y retourne pour les gens.

Que voulez-vous que vos lecteurs retiennent de ce roman ?

D’abord, je voudrais que ceux qui sont déjà allés au Népal s’identifient et que ceux qui n’y sont jamais allés aient envie de le faire.

Ensuite, j’ai écrit pour mes enfants. J’ai voulu écrire une histoire d’amour, pas entre un homme et une femme mais au sein d’une famille. Le message est que, malgré les disputes parfois très fortes, il reste quelque chose qui nous pousse à se parler, se rassembler.

Quelles sont vos inspirations littéraires lorsque vous écrivez ?

De part ma formation de romaniste, je suis influencé par les grands auteurs classiques. Des auteurs comme Céline ou Cavanna m’ont beaucoup parlé. Il m’arrive aussi de lire, à la fin de certains romans, ce qui a inspiré un auteur comme Stephen King et je trouve alors des choses vraiment intéressantes.

Comment avez-vous commencé à écrire ?

J’ai toujours aimé écrire. À l’école, je trouvais du plaisir à faire des rédactions. Ensuite, quand j’ai eu 20 ans, j’ai travaillé avec une troupe de théâtre en wallon pour laquelle j’avais envie de pièces plus modernes. J’ai donc commencé à écrire à ce moment-là : des pièces, des contes, mais uniquement en dialecte wallon au départ car le français me semblait un peu inaccessible. Maintenant que j’approche de la fin de ma carrière et que je récupère du temps, je me suis mis à écrire en français.

Comment décririez-vous votre collaboration avec les Éditions Part d’âge ?

Honnêtement je passe des mois extraordinaires. D’abord, j’ai été super bien accueilli. Ensuite, je découvre un monde que je ne connais pas du tout. Et puis je rencontre des personnes  toujours enthousiastes et positives. J’ai aussi beaucoup apprécié le travail fait sur le texte : on voulait que ça soit aussi bon que possible, alors on est allés dans le détail. J’ai énormément appris. Les conseils et encouragements étaient très valorisants et extraordinaires.